SSE #146: Faire le plein d'énergie au sein d'une équipe de football

Jacqueline R. Berning

POINTS PRINCIPAUX 

  • Beaucoup de joueurs de football ont une alimentation très riche en protéines, au détriment des glucides. Pourtant, leurs mouvements répétitifs et très intenses pendant une partie dépendent du glycogène musculaire et, en définitive, d’un apport en glucides.

  • Les kilocalories dont ont besoin les joueurs dépendent de plusieurs facteurs, dont leur composition corporelle, leur taille, leur poids et leur position sur le terrain.

  • Les joueurs de soccer ont avantage à consommer suffisamment de protéines pour stimuler la synthèse des protéines musculaires, mais en prendre plus que ce que le corps peut assimiler n’offre pas d’avantages supplémentaires en ce qui concerne la synthèse de protéines musculaires, et les acides aminés en excès sont alors simplement oxydés par l’organisme.

  • En raison de l’apport énergétique élevé des joueurs, l’alimentation des joueurs respecte souvent les recommandations relatives à l’apport en matières grasses ou dépasse la valeur recommandée. De plus, l’apport en acides gras saturés tend à être élevé chez les joueurs de soccer, ce qui les prédispose aux maladies cardiovasculaires.

  • Le repas qui précède une partie doit fournir suffisamment d’énergie, pour éviter au joueur d’avoir faim pendant la partie, et contenir surtout des glucides, une quantité modérée de protéines et peu de matières grasses.

  • Les plus récentes recommandations relatives à l’apport en glucides pendant un exercice intermittent, comme c’est le cas du football, proposent un faible apport en glucides et le rinçage de la bouche avec une boisson glucidique pour un apport en glucides favorisant la fonction musculaire et la fonction cérébrale.

  • Le repas après la partie doit contenir des portions santé de légumes et de fruits, des protéines maigres, de grains entiers et de bons gras, ainsi que des liquides pour la réhydratation.

  • Embaucher des diététistes (Dt.P.) dans une équipe de football a amélioré les choix alimentaires proposés lors des camps d’entraînement et sensibilisé les joueurs à l’importance d’une meilleure alimentation pour leur permettre de donner le meilleur d’eux-mêmes en matière de performance.

INTRODUCTION

L’alimentation des joueurs de soccer a radicalement changé depuis la fin des années 1970 et le début des années 1980, en comparaison avec la pratique et l’approche scientifiques fondées sur des preuves qui sont en vigueur aujourd’hui. Dans les années 1980, si vous visitiez un club de football professionnel et lui demandiez ce qu’il offrait à manger à ses joueurs, vous auriez sans doute été dirigé vers la cantine mobile garée derrière le bâtiment. La cantine mobile arrivait juste après les rencontres et le visionnement de films auxquels les joueurs assistaient le matin, avant d’enfiler leurs vêtements d’entraînement pour les exercices de l’après-midi. La plupart des joueurs achetaient leur « repas du midi » à cette cantine, tandis que d’autres se rendaient parfois à un comptoir de restauration rapide. En général, le repas de la cantine ou du comptoir de restauration rapide était leur premier repas de la journée. Ils prenaient leur second repas de la journée en retournant à la maison, ce qui pouvait être encore une fois un repas rapide, ou un plat qu’ils achetaient au restaurant et réchauffaient au four à micro-ondes une fois de retour à la maison.

Aujourd’hui, en 2015, les clubs de football professionnel se font construire sur place des cuisines tout équipées ainsi que des salles à manger. La plupart embauchent des chefs cuisiniers et des diététistes du sport à plein temps et servent deux ou trois repas par jour, des goûters avant les séances d’entraînement et des repas de récupération. Si des cantines mobiles viennent encore offrir de la nourriture, elles proviennent désormais de fermes et de commerces qui offrent des produits locaux issus d’une agriculture durable, comme des légumes, des fruits, des viandes et des produits laitiers. Les joueurs ne passent plus de journée sans manger et ne prennent plus qu’un seul repas par jour. De plus, la nourriture qui leur est servie avant, pendant et après une séance d’entraînement ou une partie aide maintenant à améliorer leur santé et leur performance, comme l’attestent des preuves scientifiques.

SYSTÈMES ÉNERGÉTIQUES

Il est important d’analyser les systèmes énergétiques qui sont sollicités chez les joueurs de soccer, car ils déterminent le type d’énergie qu’ils doivent emmagasiner avant l’entraînement et une partie, et dont ils doivent reconstituer les réserves, par la suite. Le football américain n’a pas fait l’objet d’autant d’études que le soccer ou le rugby, mais il est possible de faire certaines extrapolations à partir des systèmes énergétiques utilisés dans le cas du soccer. Duthie et ses collaborateurs (2003) ont constaté qu’au rugby, les activités de faible intensité comptent pour environ 85 % d’une partie, comparativement à 15 % pour les activités de grande intensité. La course représente 9 % des activités de grande intensité, tandis que le tacle et la lutte pour la possession du ballon comptent pour 6 %. Williams et Rollo (2015) ont observé que les systèmes anaérobie et aérobie fonctionnent ensemble pendant les activités sportives d’équipe qui sont de type intermittent. Pendant des sprints ou des tacles de grande intensité, c’est le métabolisme anaérobie qui alimente ces activités en énergie pendant que le métabolisme aérobie continue d’approvisionner les organes vitaux en énergie. Le système énergétique le plus sollicité pendant une partie de football dépend de la position que le joueur occupe sur le terrain. Par exemple, les receveurs éloignés, les secondeurs et les demis défensifs doivent davantage compter sur leur métabolisme aérobie que les joueurs de ligne, qui mobilisent surtout leur métabolisme anaérobie. Le métabolisme anaérobie est alimenté par la phosphocréatine (PC) intramusculaire et le glycogène, tandis que le métabolisme aérobie fait appel au glycogène et aux acides gras. À noter que le glycogène ou les glucides sont les substrats des activités aérobies et anaérobies, et qu’ils sont le substrat de choix pour les activités d’une très grande intensité.

Si l’apport en kilocalories ou en glucides d’un joueur est insuffisant, ou s’il n’absorbe pas la bonne proportion de macronutriments et de micronutriments, son organisme ne peut produire d’ATP et, dans ce cas, le joueur risque de ne pas être en mesure de rester performant pendant toute une partie ou toute une saison. Par exemple, pendant la semaine d’entraînement de l’automne 2014, la ligne offensive de l’équipe de football de l’université du Colorado se plaignait de fatigue et d’épuisement. Les entraîneurs trouvaient que leur performance pendant la première moitié de la saison avait diminué et que beaucoup de joueurs perdaient du poids. L’entraîneur de la ligne offensive croyait fermement aux entraînements très intensifs pendant la semaine; ainsi les joueurs étaient-ils fatigués après ces entraînements, sans compter que leur apport énergétique (en kilocalories) était insuffisant tout comme leur apport en glucides. Après plusieurs séances avec des diététistes du sport, les joueurs ont augmenté leur apport en glucides et retrouvé leur « poids de joueur », et leur performance s’est améliorée pendant la deuxième partie de la saison.

RECOMMANDATIONS POUR L’ALIMENTATION DES JOUEURS DE FOOTBALL

Apport en énergie (en calories)

Le calcul des besoins énergétiques d’un joueur de football se base sur plusieurs facteurs, DONT les caractéristiques physiques du joueur et sa position sur le terrain. Par exemple, les joueurs de ligne défensive, surtout les ailiers défensifs, sont généralement de plus petite stature que les joueurs de ligne offensive, tandis que les porteurs de ballon, les secondeurs, les receveurs éloignés et les demis défensifs ont généralement le même gabarit et les mêmes caractéristiques physiques (Pincivero et Bompa, 1997; Pryor et coll., 2014). Par ailleurs, leur composition corporelle est aussi comparable. En général, le pourcentage de tissus adipeux est plus élevé chez les joueurs de ligne que chez les secondeurs, les porteurs de ballon, les demis défensifs et les receveurs éloignés (Pryor et coll., 2014). Comme le gabarit physique et la composition corporelle varient beaucoup d’un joueur à l’autre, l’apport énergétique recommandé varie de façon considérable au sein d’une même équipe. De plus, certaines équipes peuvent privilégier différents poids et différentes compositions corporelles en fonction de la position du joueur sur le terrain. Le Tableau 1 présente une estimation de l’apport calorique recommandé en fonction de la composition corporelle et de la position occupée par le joueur de football

Le taux métabolique de base (TMB) est la quantité d’énergie nécessaire pour soutenir les fonctions corporelles, comme la fréquence cardiaque, la respiration et la circulation quand l’organisme est au repos, et compte pour environ 60 à 80 % de la dépense énergétique totale. Il est mesuré par calorimétrie indirecte, ce qui consiste à mesurer la consommation d’oxygène (L/min) et la production de dioxyde de carbone en fonction du temps. Comme la plupart des praticiens ne disposent pas du matériel requis pour mesurer le TMB, ils l’estiment à l’aide d’un certain nombre d’équations prévisionnelles. Thompson et Manore (1996) ont ainsi comparé des TMB prévus par équation et des TMB mesurés exactement, et ont constaté que l’équation de Cunningham (1980) permet d’obtenir une juste estimation du TMB pour établir les besoins énergétiques d’une personne active. 



Apport en glucides

Les glucides constituent la principale source d’énergie du muscle qui travaille quand l’intensité de l’effort atteint 65 % et plus de la consommation maximale d’oxygène (VO2max) (van Loon et coll., 2001). Les glucides sont le carburant de choix pour l’exercice aérobie très intense et aussi pour l’exercice dit anaérobie, comme le sprint et les mouvements de type balistique. Comme l’entraînement très intense et dynamique d’un joueur de football dure parfois plus d’une heure par jour, il peut avoir besoin de 5 à 7 g de glucides par kilogramme de masse corporelle par jour pour conserver et reconstituer ses réserves de glycogène musculaire et hépatique (Burke et coll., 2011; Coyle, 1991). Auparavant, l’apport recommandé en glucides était souvent exprimé en pourcentage de l’apport total en calories; mais ce pourcentage a une faible corrélation avec la quantité de glucides réellement consommés ainsi qu’avec la quantité requise pour soutenir l’athlète pendant l’entraînement et les parties.

La National Football League (NFL) permet à ses équipes de compter 53 joueurs dans son alignement. Les 53 joueurs ne prennent pas tous part aux parties hebdomadaires, mais ils peuvent jouer un rôle actif pendant les séances d’entraînement de toute la semaine. Il est important que l’apport en glucides de chaque joueur corresponde à ses besoins énergétiques pour les parties, l’entraînement et la récupération. Ce principe appelé disponibilité en glucides consiste à augmenter l’apport en glucides en fonction des besoins de l’athlète pour l’entraînement et la compétition (Burke et coll., 2011). Quand l’apport en glucides et en énergie d’un joueur n’est pas suffisant pour son entraînement quotidien, son taux de glycogène musculaire diminue, ce qui peut nuire à sa performance lors de l’entraînement et des parties. Comme les joueurs de football s’entraînent au moins cinq fois par semaine, l’apport en glucides doit être quotidien, sinon sa performance risque de diminuer.

En général, la consommation d’une variété de pâtes, de pains et de riz de grains entiers de même que des fruits et des légumes, comme des pommes de terre, permet au joueur d’obtenir non seulement les glucides dont il a besoin, mais aussi une grande variété de nutriments essentiels, comme des vitamines, des oligoéléments et des fibres. Trop souvent, les joueurs choisissent des sources de glucides riches en matières grasses et en sucre (frites, gâteau, biscuits, friandises, etc.). Il est vrai que les joueurs de football dépensent plus de calories provenant des glucides et qu’ils peuvent donc se permettre de consommer des aliments plus caloriques comme les boissons pour sportifs, les gels et autres produits alimentaires contenant des sucres simples. Toutefois, plutôt que de les inclure dans leur alimentation quotidienne, ils devraient réserver ce type d’aliments aux repas avant ou après une partie; autrement dit, quand ils font le plein d’énergie.

Apport en protéines

De tous les nutriments qui peuvent avoir des effets sur la santé et la performance, ce sont les protéines que les joueurs de football s’efforcent surtout de consommer. Long et ses collaborateurs (2011), de même que Jonnalagadda et ses collaborateurs (2001), ont constaté que les joueurs de football de première année à l’université se demandent surtout si leur apport en protéines est suffisant et croient que les protéines sont la principale source d’énergie du muscle qui travaille. De plus, les jeunes joueurs de football pensent que les suppléments de protéines sont nécessaires à la synthèse de nouveaux tissus musculaires (Jonnalagadda et coll., 2001). Les protéines circulent constamment dans l’organisme et participent aux processus de synthèse et de dégradation. Les athlètes, comme les joueurs de football, ont effectivement avantage à consommer suffisamment de protéines pour stimuler la synthèse des protéines musculaires et réparer les lésions musculaires.

Pour les athlètes de force, dont font partie les joueurs de football, l’apport recommandé en protéines varie entre 1,6 et 1,7 g/kg de masse corporelle (Phillips, 2012), soit le double de l’apport recommandé à l’adulte sédentaire. Mais la prudence est de mise, car s’il est vrai que les protéines sont importantes pour la synthèse et la réparation musculaires, chez beaucoup de joueurs de football, l’apport en protéines excède leurs besoins parce qu’ils prennent aussi des suppléments de protéines sous forme de boissons frappées, de poudre ou de barres protéinées. La plupart des joueurs peuvent combler facilement leurs besoins en protéines avec un régime bien planifié, qui inclut des protéines de haute qualité consommées peu à peu pendant toute la journée, plutôt qu’en grande quantité lors d’un seul repas. Par exemple, Moore et ses collaborateurs (2009) ont observé qu’un apport de plus de 40 g de protéines lors d’un seul repas ne stimule pas davantage la synthèse des protéines musculaires et que les acides aminés excédentaires sont simplement oxydés par l’organisme.

La qualité des protéines, et non seulement leur quantité, influe aussi sur la capacité de l’organisme à synthétiser les protéines musculaires. La qualité d’une protéine dépend en partie de sa digestibilité, mais surtout de son profil en acides aminés essentiels, qui tient compte autant de leur quantité que de leur proportion. Les acides aminés de chaîne ramifiée (AACR) sont absorbés plus rapidement que les acides aminés plus petits, et les acides aminés essentiels sont absorbés plus rapidement que les acides aminés non essentiels. La leucine, l’isoleucine, la valine et la méthionine sont les acides aminés les plus rapidement absorbés (Adibi et coll., 1967). Ces propriétés physiologiques font en sorte que les AACR, présents dans les produits laitiers et carnés, ont un indice chimique corrigé de la digestibilité de la protéine (PDCAAS) élevé. Wilkinson et ses collaborateurs (2007) ainsi que Tang et ses collaborateurs (2009) ont montré que les produits laitiers, et en particulier le lait, stimulent la synthèse des protéines musculaires. Enfin, la leucine, un acide aminé de chaîne ramifiée, peut activer d’importantes protéines de signalisation de la voie du mTOR (cible mammalienne de la rapamycine), qui joue un rôle crucial dans l’activation de la synthèse des protéines musculaires (Baar, 2014; Drummond et Rasmussen, 2008; Drummond et al., 2009).



Dans l’idéal, l’alimentation du joueur de football devrait inclure des protéines de différentes sources. La National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) est une vaste enquête menée aux États-Unis et au Canada pour connaître les habitudes alimentaires de la population (Center for Disease Control and Prevention). Selon les résultats de cette enquête, les deux tiers des protéines contenues dans l’alimentation nord-américaine typique proviennent de sources animales (Abbot et Byrd-Bredbenner, 2007). Cette forte consommation de produits d’origine animale peut se traduire par un apport élevé en gras saturés, ce qui peut augmenter le risque de maladie cardiovasculaire (Dixit et coll., 2011) et de syndrome métabolique. Le Tableau 2 peut être utile pour établir les besoins en protéines des joueurs en fonction de leur poids.

Apport en lipides (gras)

Les lipides alimentaires sont une source d’acides aminés essentiels et de vitamines liposolubles qui jouent un rôle important dans l’alimentation d’un joueur de football; mais ou bien l’alimentation des joueurs respecte peu les recommandations relatives à l’apport en matières grasses ou bien elle dépasse la valeur recommandée. Non seulement une alimentation riche en lipides peut avoir des effets négatifs sur la santé des joueurs, mais les matières grasses qu’elle contient peuvent aussi remplacer les glucides (Coyle et coll., 2001). D’un autre côté, les joueurs dont l’alimentation est très faible en lipides (matières grasses représentant moins de 15 % de l’apport énergétique total) ne sont pas plus avantagés sur le plan de la performance (Stellingwerff et coll., 2006). Donc, ni un régime faible en lipides ni un régime riche en lipides ne sont recommandés.

Même si la plupart des joueurs ont déjà un apport suffisant en lipides, les joueurs de tous les âges devraient être incités à consommer davantage de « bons gras »; autrement dit, des gras qui contiennent des acides gras monoinsaturés (huile d’olive et d’arachide) et polyinsaturés (huile de tournesol et de soya), moins d’acides gras saturés (beurre, saindoux, crème) et de gras trans (aliments transformés, comme des biscuits et des craquelins), et davantage de fruits, de légumes et de grains entiers (ADA, 2009).

Bosch et ses collaborateurs (2014) ont montré que, chez les joueurs de la NFL, une accumulation de gras abdominal augmente à mesure qu’augmente la masse corporelle. Dans une autre étude effectuée en 1994, Baron et Rinsky ont montré que, chez les joueurs de ligne défensive et de ligne offensive, le risque de maladie cardiovasculaire est plus élevé que chez les joueurs occupant d’autres positions sur le terrain. Chez les joueurs de ligne, trop manger (surtout des aliments riches en calories provenant des matières grasses) peut entraîner une accumulation de gras abdominal, ce qui augmente le risque de maladie cardiovasculaire. De façon plus précise, les joueurs de ligne ont 52 % plus de risques de mourir d’une maladie cardiovasculaire que la population en général et trois fois plus de risques de mourir d’une cardiopathie que les joueurs qui n’occupent pas cette position. De plus, Miller et ses collaborateurs (2008) ont analysé les signes de syndrome métabolique chez les joueurs de la NFL à la retraite et ont constaté que la prévalence de ce syndrome est presque deux fois plus élevée chez les joueurs de ligne que chez les autres joueurs. Ces études pourraient en partie expliquer le risque plus élevé de décès d’origine cardiovasculaire observé chez les joueurs de ligne à la retraite. Il est évident qu’une modification des comportements et du mode de vie, y compris sur le plan nutritionnel, s’impose chez les joueurs à la retraite de la NFL.

MANGER EN PRÉVISION DES PARTIES ET DE L’ENTRAÎNEMENT

Les aliments consommés avant, pendant et après une partie ou un entraînement peuvent avoir des effets sur la performance et le temps de récupération des joueurs. Des lignes directrices précises proposent aux athlètes des recommandations en matière d’alimentation pour optimiser leur performance.

Repas avant une partie

L’un des objectifs du repas qui précède une partie est de faire en sorte que le joueur n’ait pas faim avant ou pendant la partie. Ce repas permet aussi de refaire le plein de glycogène hépatique et de continuer à remplacer le glycogène musculaire utilisé lors du dernier entraînement. En tenant compte de facteurs personnels et psychologiques, ce repas doit contenir beaucoup de glucides, une quantité modérée de protéines et peu de fibres, et il doit être facile à digérer (Rehrer et coll., 1992). Les aliments riches en matières grasses sont longs à digérer et retardent la vidange gastrique, tandis que les aliments riches en glucides sont rapidement digérés, les glucides liquides permettant la digestion la plus rapide.

Le repas précédant une partie doit être suffisamment copieux pour éviter aux joueurs d’avoir faim pendant la partie, mais pas au point de laisser des aliments non digérés dans l’estomac. Selon les lignes directrices à ce sujet, le repas avant une partie doit être léger pour permettre l’absorption des nutriments et faciliter la vidange gastrique avant l’exercice (ADA, 2009). De façon générale, ce repas devrait se composer principalement de glucides, et un apport de 1 g/kg de masse corporelle est approprié une heure avant le début de la partie, de même qu’un apport de 3 ou 4 g/kg de masse corporelle 3 ou 4 heures avant la partie (Burke et coll., 2011).

Dans les cas où le taux d’adrénaline s’élève avant le début d’une partie, un substitut de repas liquide riche en glucides ou une boisson contenant des glucides accompagnée d’une petite quantité d’aliments solides peut convenir. À noter que si l’apport nutritionnel du joueur a laissé à désirer dans les jours précédant une partie ou une compétition, le repas pris avant la partie ou la compétition ne pourra pas le compenser. La préparation à une compétition comprend, d’une part, des stratégies nutritionnelles qui permettent de reconstituer les réserves d’énergie pendant la semaine précédant la compétition et, d’autre part, le repas précédant l’événement ainsi que les aliments ou boissons consommés juste avant qu’une partie commence.

Les lignes directrices ci-dessous reposent sur des données probantes et peuvent servir de base aux recommandations à suivre par les joueurs avant une partie.

Repas avant une partie : ce que la science et la pratique recommandent

  • Entre 5 et 60 minutes avant une partie, il est suggéré de ne prendre que de petites quantités de glucides qui se digèrent rapidement. À essayer :

    • des boissons qui contiennent 30 à 60 g de glucides (boisson pour sportifs ou gel).

  • Deux heures avant une partie, le joueur peut consommer des aliments solides si cela lui convient. Voici des exemples : Petit bol de céréales de grains entiers avec du lait écrémé

    • Pain de blé entier grillé ou petit muffin pauvre en matières grasses

    • 1/2 bagel de blé entier, fruit et yogourt à faible teneur en gras

    • Frappé aux fruits à base de yogourt ou de lait pauvre en matières grasses

  • Trois ou quatre heures avant une partie, un repas plus copieux peut être pris. Dans ce cas, il faut surveiller la quantité de matières grasses, qui prennent plus de temps à digérer. Voici quelques exemples de repas :

    • Sandwich à la dinde avec pain de grains entiers, fromage pauvre en matières grasses, yogourt, fruit et barre granola

    • Pâtes avec 90 à 120 mL (3 à 4 onces) de sauce à la viande, bâtonnets de pain et lait écrémé

    • Riz vapeur aux légumes avec 85 g (3 onces) de poulet et un fruit

    • Pain doré ou quelques crêpes avec un peu de sirop, 1 œuf, lait écrémé et un fruit

Repas dans l’heure qui précède une partie

Auparavant, on craignait qu’un apport en glucides provenant des aliments ou de boissons tout de suite avant le début d’une partie n’entraîne une augmentation du taux d’insuline et, par conséquent, une baisse de la glycémie; autrement dit, que les joueurs se présentent sur le terrain en état d’hypoglycémie. Cette hypothèse selon laquelle un apport en glucides juste avant une partie peut avoir un effet hypoglycémique provenait d’une étude publiée par Foster et ses collaborateurs (1979). Cette étude mettait effectivement en évidence une baisse de la capacité à l’effort chez les sujets ayant eu un apport de glucose dans l’heure précédant l’exercice, mais chez la plupart des athlètes, cette hypoglycémie transitoire ne nuit pas à la performance. En fait, à l’heure actuelle, la plupart des études montrent qu’un apport de glucides dans l’heure précédant l’exercice n’a pas d’effets négatifs et donne plutôt lieu à une amélioration de la performance (Coyle, 1991; Hawley et Burke, 1997). Dans l’heure qui précède une partie, il est suggéré aux joueurs de prendre des glucides sous forme liquide, comme une boisson ou un gel (25 g de glucides/4 oz ou 118 mL), ou une boisson pour sportifs (environ 400 mL ou 14 oz contenant environ 6 % de glucides).

Faire le plein d’énergie pendant une partie

Le football est un sport intermittent. Entre les jeux offensifs et défensifs, il peut y avoir de longues pauses pendant lesquelles les joueurs peuvent se reposer pendant plus ou moins longtemps, des pauses qui n’ont jamais la même durée d’une partie à l’autre. En plus de l’imprévisibilité du temps de jeu, les conditions environnementales, comme la température, l’altitude et le taux d’humidité, varient d’une partie à l’autre, tout comme entre le début et la fin d’une saison. Tous ces facteurs, en plus du repas avant la partie ainsi que l’heure de ce repas, peuvent avoir des répercussions sur l’apport en glucides pendant une partie. Comme les études ne portent pas précisément sur des joueurs de football et sur leur tolérance à un apport en glucides pendant une partie, des extrapolations se fondant sur d’autres études sur l’exercice par intermittence ont servi de base à l’élaboration des recommandations sur l’apport en glucides pendant une partie. Quelques études portant sur un apport en glucides pendant une activité sportive intermittente d’une durée d’environ une heure ont montré qu’un apport en glucides améliore la performance (Nicholas et coll., 1995, Phillips et coll., 2012). Jeukendrup et Chambers (2010) ont rapporté que, dans le cas d’un exercice à intensité élevée et d’une courte durée, se rincer la bouche avec un liquide contenant des glucides peut améliorer la performance, probablement en stimulant les centres du cerveau qui interviennent dans la fatigue, le plaisir ou le contrôle moteur. En ce qui concerne l’apport en glucides, Jeukendrup (2014) a récemment proposé de nouvelles lignes directrices en fonction de la durée de l’exercice. Pour les courtes périodes d’exercice, il suggère de petites quantités de glucides (ce qui peut comprendre un simple rinçage de la bouche), tandis que dans le cas d’un exercice de longue durée, il suggère d’en prendre de plus grandes quantités et de plusieurs types.

La question de savoir si les joueurs peuvent bénéficier davantage d’une boisson contenant des glucides que de l’eau dépend de divers facteurs, notamment de la durée de l’exercice. Boire une boisson contenant des glucides pendant l’exercice peut être importante pour les joueurs qui :

  • on’ont pas mangé de repas avant la partie

  • oont sauté un repas dans la journée

  • oont un entraînement intense ou modérément intense sur une période prolongée

  • participent à deux entraînements par jour

  • s’entraînent dans la chaleur ou le froid, ou en altitude

Alimentation après une partie

En général, les parties de la NFL se tiennent une fois par semaine, le dimanche ou le lundi soir, tandis que celles du football universitaire ont lieu les samedis. En général, qu’il s’agisse de football professionnel ou de football universitaire, l’intervalle entre les parties est d’une semaine et les joueurs ont une journée de congé entière avant de reprendre l’entraînement. Dans ces circonstances, ils n’ont pas forcément besoin de stratégies de récupération tout de suite après une partie s’ils rentrent à la maison après la partie et reprennent leur alimentation normale. Cela dit, la plupart des équipes de football s’entraînent quatre ou cinq jours par semaine. Il est donc important pour les joueurs de recourir à des stratégies en matière de nutrition pour récupérer après les entraînements. Les stratégies nutritionnelles de récupération pendant une saison de football ont déjà fait l’objet d’un article Sports Science Exchange (Barr et Heaton, Nutrition favorisant la récupération des joueurs pendant une saison de football), et les joueurs de football ont effectivement besoin, après une partie, de repas qui fournissent des nutriments qui favorisent la santé, le bien-être et la guérison, en plus de reconstituer les réserves d’énergie afin de compenser la dépense énergétique pendant une partie.

À la maison : Après une partie, il est beaucoup plus facile pour les joueurs de manger à la maison que sur la route avec leur équipe. De façon générale, le repas après une partie est offert aux joueurs dans un endroit situé à proximité du stade. Auparavant, le repas après la partie ressemblait davantage à un buffet à volonté proposant d’énormes quantités de protéines. Les choses ont changé. De nos jours, le repas après la partie est planifié par la ou le diététiste de l’équipe et se compose surtout de produits santé et de boissons pour la réhydratation. Certains joueurs peuvent ensuite partir et aller manger en famille au restaurant ou à la maison.

Sur la route : En général, une équipe de football passe entre 24 et 36 h par semaine sur la route. L’équipe quitte sa ville le jour avant la partie et revient tout de suite après. Les repas sur la route comprennent généralement un souper, la veille de la partie, parfois un goûter de fin de soirée et, enfin, le repas avant la partie, fourni par l’hôtel. Après la partie, des boissons et parfois à un léger goûter sont proposés aux joueurs. Le principal repas après la partie est le plus souvent servi dans l’avion de retour. Généralement, l’équipe retourne dans sa ville dès que tous les joueurs ont pris leur douche, rassemblé leurs affaires et répondu aux questions des médias. Le repas d’équipe après la partie peut être commandé à la compagnie aérienne ou à un restaurant local. Encore une fois, auparavant, ce repas contenait beaucoup de protéines et de matières grasses. Maintenant, ce repas est supervisé par la ou le diététiste de l’équipe et se compose de portions santé de légumes, de fruits, de protéines maigres et de grains entiers, et les matières grasses qu’il contient sont de meilleurs gras, comme des acides gras monoinsaturés ou polyinsaturés.

MENU POUR L’ENTRAÎNEMENT

Presque toutes les équipes de football professionnel de la NFL ont adopté le principe qui consiste, pour les joueurs, à faire correctement le plein d’énergie afin d’optimiser leur performance. Au fil des ans, le plus important changement en ce sens a été l’embauche de diététistes et l’influence qu’ils ont eue sur les aliments servis pendant l’entraînement. Le menu en période d’entraînement n’est plus dominé par les protéines et les gras saturés. Par exemple, voici le menu servi aux Broncos de Denver pendant l’entraînement lors de la dernière saison :

  • Saumon en croûte à la pistache avec sauce câpres et citron, et jeunes pousses de laitue en feuille

  • Pâtes et sauce bolognaise au bison

  • Gnocchi aux patates douces et noix de Grenoble

  • Pommes de terre Albert Bartlett

  • Asperges et tomates de semences patrimoniales

  • Comptoir à salades

La nouvelle cuisine avec équipement professionnel de restauration et la nouvelle salle à manger des Broncos occupent environ 575 mètres carrés (6 200 pi. ca.) et comprend un comptoir de frappés aux fruits, une zone de fruits frais, un comptoir de suppléments et un coin réservé à la récupération. Le personnel inclut un diététiste qui agit comme directeur de la nutrition de l’équipe, un chef cuisinier et une équipe culinaire qui remplace le traiteur qui servait les repas à l’équipe au cours des années précédentes. La cuisine et la salle à manger, ouvertes 11 mois par année et pendant le camp d’entraînement en pré-saison, offre trois repas par jour et deux goûters aux joueurs et aux entraîneurs. Pendant la saison, le personnel prépare le déjeuner et le dîner ainsi que des goûters.

D’autres équipes de la NFL ont pris les mêmes dispositions. En fait, la cafétéria de l’une des équipes respecte les lignes directrices de l’American Heart Association. Beaucoup de diététistes au service des équipes profitent des aliments servis pendant l’entraînement pour sensibiliser les joueurs à la nutrition. Par exemple, certains de ces diététistes utilisent un code de couleurs pour identifier les aliments qui permettent d’optimiser le plus possible la performance. D’autres se servent du menu pour former les joueurs en ce qui concerne les bonnes proportions d’aliments qui favorisent les changements dans la composition corporelle, la récupération et la guérison des blessures. D’autres moyens pour éduquer ainsi les joueurs consistent à identifier dans la salle à manger les aliments qui aident à refaire le plein, à récupérer, à augmenter la masse musculaire, à guérir et à stimuler le système immunitaire.

Obtenir les services de diététistes au sein des équipes de football a grandement amélioré les repas servis pendant les camps d’entraînement; les joueurs reçoivent maintenant les nutriments dont ils ont besoin pour que leur performance physique corresponde à leur potentiel génétique. Plus important encore, ils apprennent à bien manger pour le restant de leur vie et réduisent ainsi le risque d’incident cardiaque au moment où ils devraient profiter de leur retraite.

CONSÉQUENCES PRATIQUES

  • Les joueurs de football n’ont pas seulement besoin de répondre à leurs besoins énergétiques pendant l’entraînement et la compétition, mais ils doivent aussi porter attention à la qualité de leur alimentation, qui doit comprendre un apport adéquat en glucides, en lipides et en protéines.

    • Plus les habitudes alimentaires d’un joueur sont bonnes, meilleure est sa performance d’un jour à l’autre, d’une semaine à l’autre et pendant toute une saison, car son profil nutritionnel lui permet alors de performer en fonction de son potentiel.

  • Les systèmes énergétiques sur lesquels repose la pratique du football dépendent du glycogène et, par conséquent, d’un apport en glucides.

    • Chaque jour, les joueurs doivent consommer suffisamment de glucides pour que leur taux de glycogène se maintienne.

  • Le repas avant la partie doit être pris entre 1 et 4 heures avant le début d’une partie.

    • Ce repas doit se composer essentiellement de glucides pour augmenter les réserves de glycogène hépatique, contribuer à la reconstitution du glycogène musculaire et fournir de l’énergie au cerveau. De son côté, un apport en liquide aide les joueurs à rester bien hydratés.

  • Il a été montré qu’un apport en glucides pendant une activité physique intermittente comme le football améliore la performance.

    • Il peut être important pour les joueurs de boire une boisson pour sportifs pendant l’exercice s’ils n’ont pas mangé de repas avant la partie, s’ils ont sauté un repas pendant la journée, s’ils s’entraînent dans la chaleur ou le froid, ou s’ils prennent part à plusieurs séances d’entraînement dans la journée.

  • Au football professionnel, les repas servis après les parties ont changé.

    • Les joueurs se voient maintenant offrir des portions santé de légumes et de fruits, des protéines maigres et des grains entiers, et les matières grasses des repas sont de meilleurs gras, comme des acides gras monoinsaturés ou polyinsaturés.

RÉSUMÉ 

L’alimentation d’une équipe de football repose dorénavant sur des données scientifiques factuelles, les conseils de diététistes et l’expertise de chefs cuisiniers professionnels. Pour optimiser la performance athlétique, il est primordial de former les joueurs de football sur ce qu’ils devraient manger, en quelles quantités et à quels moments avant et après les parties. Ces directives peuvent s’appliquer aux joueurs de football de tous les âges, et adopter dès le début de sa carrière de bonnes habitudes alimentaires permet au joueur de bien manger tout le restant de sa vie.

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