SSE #145: Composition corporelle des joueurs de football: l'impotance du suivi de la performance et de l'état de santé

Roberta Anding and Jonathan M. Oliver

POINTS PRINCIPAUX 

  • La masse corporelle des joueurs de football a considérablement augmenté au cours des 40 dernières années, celle des joueurs de ligne ayant augmenté de 30 kg.

  • L’évaluation et l’interprétation de la composition du corps sont des aspects fondamentaux du développement d’un joueur de football.

  • L’augmentation de la masse maigre est en étroite corrélation avec la force, la rapidité et la vitesse.

  • Plusieurs techniques permettent d’évaluer les différents paramètres de la composition corporelle, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients.

  • Des mesures séquentielles de la composition corporelle peuvent permettre de connaître l’état d’un athlète et ouvrir de nouvelles perspectives dans l’élaboration d’un programme de perfectionnement d’une équipe.

  • Les athlètes faisant de l’embonpoint sont exposés à un risque de maladies chroniques associées à l’obésité.

  • Une nutrition de qualité et des programmes de force et de conditionnement physique permettent d’optimiser la composition corporelle tout en limitant les conséquences pour la santé associées à un excès de poids.

INTRODUCTION

La composition corporelle d’un joueur de football a une importance particulière en ce qui concerne sa performance. Il a été suggéré qu’une augmentation de la masse corporelle ou de la taille serait associée à une durée de jeu plus longue et à de meilleurs jeux (Norton et Olds, 2001). Comme la performance dépend fortement de la morphologie et de la composition du corps, mesurer les changements qui se produisent avec le temps chez un athlète est essentiel, tant pour les entraîneurs que pour les joueurs. La performance mise à part, l’intérêt porté à la composition corporelle des joueurs de football augmente de plus en plus en raison de ses effets sur la santé. Des études utilisant l’indice de masse corporelle (IMC) pour mesurer le taux d’obésité donnent à penser que jusqu’à 56 % des joueurs de football, y compris les joueurs de niveau secondaire, sont obèses (Harp et Hecht, 2005; Laurson et Eisenmann, 2007; Malina et coll., 2007). S’il a été rapporté qu’il n’est pas approprié d’associer un IMC élevé à un risque de mortalité plus élevé (Lambert et coll., 2012), de nombreuses études font toutefois un lien entre football et risques cardiovasculaires (Borchers et coll., 2009; Buell et coll., 2008). Par conséquent, il est nécessaire de surveiller la composition du corps chez les joueurs de football, tant du point de vue de la performance que de la santé.

ÉVOLUTION DE LA TAILLE DES JOUEURS

L’intérêt relatif à la composition corporelle des joueurs de football prévaut depuis plus de huit décennies. En 1942, Welham et Behnke ont analysé la composition corporelle de 25 athlètes de football professionnels. À cette époque, la nature du sport était très différente de ce qu’elle est aujourd’hui, parce que les joueurs étaient répartis en deux groupes seulement, les arrières et les joueurs de ligne. Les arrières avaient une taille et une masse moyennes de 181,0 cm (71,3 po) et 85,7 kg (188,9 lb), tandis que les joueurs de ligne mesuraient 185,7 cm (73,1 po) et pesaient 97,1 kg (214,0 lb) en moyenne. Pour mettre ces chiffres en perspective, Ghigiarelli (2011) a noté la composition corporelle des meilleures recrues de niveau secondaire entre 2001 et 2009. Dans le cadre de l’étude de Welham et Behnke (1942), les arrières avaient à peu près la même taille et le même poids que les secondeurs de niveau secondaire d’aujourd’hui. Fait encore plus significatif, même les joueurs de ligne de niveau secondaire sont aujourd’hui beaucoup plus grands et plus lourds que les joueurs professionnels de 1942.

En général, les joueurs de football ont continué de gagner du poids tandis que leur taille est relativement restée la même. Le Tableau 1 montre l’évolution de la composition corporelle chez les joueurs de ligne offensive. Depuis 1972, la masse corporelle d’un joueur de ligne offensive professionnel a augmenté, en moyenne, de plus de 30 kg (66 lb). S’il s’agit probablement du changement le plus radical au sein de toutes les positions, des changements comparables, mais moins importants, ont été observés dans toutes les positions. Ces changements ne se limitent pas aux joueurs professionnels, puisque des changements comparables ont également été observés chez les joueurs du secondaire et du collégial (Melvin et coll., 2014; Noel et coll., 2003; Olson et Hunter, 1985). Des études antérieures ont suggéré, par ailleurs,que l’augmentation de taille observée chez les joueurs de football suivait simplement la tendance observée chez les hommes adultes en général. Toutefois, Norton et Olds (2001) ont fait des observations qui restent uniques sur l’évolution des athlètes au cours du 20e siècle. Selon eux, chez les joueurs de la National Football League, une augmentation de 51 kg (112,2 lb) de masse corporelle est associée à une année de jeu supplémentaire. En plus, 0,1 cm (0,04 po) de plus pour la taille ou 3 kg (6,6 lb) de poids en plus correspondent à environ 45 000 $ de plus en salaire pour un joueur, ces valeurs ayant été ajustées pour l’année 1993. Compte tenu de l’augmentation des salaires observée au cours de la dernière décennie, il est probable que ce chiffre soit encore plus élevé aujourd’hui. En analysant la taille et la masse corporelle des 300 meilleurs joueurs de tous les temps (Neft et coll., 1998), les auteurs ont conclu que les joueurs de plus grande taille ont un avantage évident sur les joueurs de plus petite taille, et que ce facteur a favorisé l’augmentation de la taille des joueurs au cours des dernières décennies.

Il est important de noter que, malgré les changements observés dans la composition corporelle au cours des dernières décennies, les joueurs de football ne constituent pas un groupe homogène d’athlètes et qu’il peut y avoir des différences d’une

équipe à l’autre selon le style de jeu. À l’appui de cette affirmation, Kraemer et ses collaborateurs (2005) ont observé que la masse grasse d’une position en particulier pouvait être considérablement plus élevée dans une équipe que dans une autre. Les auteurs ont suggéré que des différences dans les exercices de force et de conditionnement physique ainsi que dans les interventions nutritionnelles pourraient contribuer aux différences observées d’une équipe à l’autre.

Il est vrai que des progrès importants ont été effectués dans les secteurs de la force, du conditionnement physique et des sciences de la nutrition parallèlement aux changements constatés dans la composition corporelle des joueurs au cours des décennies, comme en témoigne l’augmentation de la masse corporelle qui n’est pas seulement associée à une augmentation de la masse grasse, ce qui a des effets sur la santé, mais aussi à une augmentation de la masse maigre. Les changements dans la masse maigre sont considérés comme relativement positifs compte tenu des améliorations de performance observées, même sur une courte période de temps. Secora et ses collaborateurs (2004) ont analysé les différences entre les caractéristiques de la performance entre 1987 et 2000. Des différences significatives ont été observées dans 50 des 88 comparaisons effectuées, la plupart des positions affichant une amélioration significative par rapport à l’année précédente. Des améliorations semblables ont été observées dans le cadre d’une étude antérieure comparant des joueurs du collégial sur une période de 10 ans (Olson et Hunter, 1985).



Peu importe ce qui motive le changement de taille chez les joueurs, il est évident que la masse corporelle des joueurs de football est aujourd’hui nettement plus élevée que celle des joueurs des années antérieures, observation qui ne se limite pas aux joueurs professionnels. De fait, les changements au niveau collégial ont été encore plus radicaux (Melvin et coll., 2014; Noel et coll., 2003; Olson et Hunter, 1985). Toutefois, la taille des joueurs des équipes collégiales reste moins élevée que celle des joueurs professionnels, parce que seuls les athlètes d’élite deviennent des joueurs professionnels.

LE JOUEUR DE FOOTBALL D’AUJOURD’HUI

Malgré une augmentation importante de la taille des joueurs, une comparaison des résultats obtenus dans le cadre des deux études les plus récentes montre qu’un « effet miroir » ou une similarité existe toujours chez les joueurs des différentes positions (Dengel et coll., 2013; Kraemer et coll., 2005). Comme l’ont suggéré Kraemer et ses collaborateurs (2005), ceci est probablement dû aux interactions entre jeu offensif et jeu défensif. Dans l’étude la plus récente, Dengel et ses collaborateurs (2013) ont analysé la composition corporelle de 411 joueurs de la NFL juste avant le recrutement ou avant le début du camp d’été à l’aide de la technique d’absorptiométrie à rayons X en double énergie (DEXA). L’utilisation de la technique DEXA sera décrite plus tard, mais disons tout de suite brièvement que la DEXA mesure trois paramètres de la composition corporelle (masse grasse, masse maigre, masse osseuse), ce qui permet de faire des analyses fragmentées pour savoir où la masse maigre et la masse grasse se sont accumulées. À noter que, tous les joueurs étant recrutés par une équipe en particulier, leur composition corporelle peut présenter un biais associé au type de jeu pratiqué par ladite équipe (Kraemer et coll., 2005). Quoi qu’il en soit, compte tenu de l’importance du nombre de participants et de la longue période pendant laquelle la composition corporelle a été évaluée (6 ans), les résultats de cette étude donnent l’aperçu le plus exhaustif de la composition corporelle du joueur de la NFL d’aujourd’hui.

Joueurs de ligne offensive et défensive

Les joueurs de ligne offensive et défensive ont des masses corporelles relativement similaires, mais une masse grasse légèrement plus élevée (Kraemer et coll., 2005). L’étude effectuée par Dengel et ses collaborateurs (2013) vient confirmer les études antérieures (Kraemer et coll., 2005) selon lesquelles les joueurs de ligne offensive et défensive sont à peu près similaires (Tableau 2). Dans l’étude la plus récente, les joueurs de ligne offensive étaient nettement plus grands et plus lourds que les joueurs de ligne défensive. La masse corporelle plus importante était due à une masse grasse supérieure chez les joueurs de ligne offensive à celle des joueurs de ligne défensive, la masse maigre étant similaire dans ces deux groupes. La répartition de la masse maigre était aussi similaire entre les deux types de positions, avec une masse maigre plus élevée dans la partie supérieure que dans la partie inférieure du corps, correspondant à des rapports de 1,64 ± 0,17 et 1,60 ± 0,19 entre les masses maigres des deux parties du corps chez les joueurs de ligne offensive et défensive, respectivement. 



Ailier rapproché, secondeur et porteur de ballon

L’étude de Dengel et ses collaborateurs (2013) a aussi mesuré les caractéristiques de la composition corporelle des ailiers rapprochés, des secondeurs et des porteurs de ballon (Tableau 3). La taille des ailiers rapprochés était étroitement liée à celle des joueurs de ligne offensive, les joueurs de cette position étant plus grands que les secondeurs et les porteurs de ballon. Les porteurs de ballon étaient les moins grands des trois positions, leur taille étant similaire et dans le même ordre hiérarchique que celles qui ont été rapportées plus tôt (Kraemer et coll., 2005). Le même profil a été observé pour ce qui est de la masse corporelle, celle des ailiers rapprochés étant supérieure à celle des secondeurs qui, à leur tour, avaient une masse corporelle supérieure à celle des porteurs de ballon. Les pourcentages de masse corporelle et de masse grasse étaient comparables chez les joueurs des trois positions. La masse maigre des ailiers rapprochés était plus importante, et était surtout localisée dans la partie supérieure du corps. Toutefois, malgré quelques différences dans la masse maigre de la partie supérieure du corps, les rapports entre la masse maigre des parties supérieure et inférieure du corps ne présentaient pas de différences notables chez les ailiers rapprochés, les secondeurs et les porteurs de ballon.



Quarts-arrière et botteurs de précision ou de dégagement

La composition corporelle des quarts-arrière et des botteurs de précision ou de dégagement a aussi été mesurée par Dengel et ses collaborateurs (2013) (Tableau 4). Dans la plupart des cas, la taille et la masse corporelle de ces joueurs sont similaires à celles qui avaient été observées dans le cadre d’une étude antérieure (Kraemer et coll., 2005). Il est intéressant de remarquer que les pourcentages de masse grasse chez les joueurs de ces deux positions sont supérieurs à ceux observés lors de l’étude précédente, selon laquelle ces pourcentages étaient de 14,6 ± 9,3 % et 11,4 ± 8,3 % pour les quarts-arrière et les botteurs de précision ou de dégagement, respectivement, ce qui est probablement dû aux différentes techniques utilisées (voir plus loin) pour évaluer la composition corporelle. Ainsi, il est peu probable que des changements significatifs aient eu lieu au cours des dernières années chez les joueurs de ces positions.



Demis défensifs et receveurs éloignés

Dans le cadre de leur analyse, Kraemer et ses collaborateurs (2005) ont observé que la taille, la masse corporelle et le pourcentage de masse grasse des demis défensifs et des receveurs éloignés étaient similaires, raison pour laquelle ils ont conclu que l’effet miroir de ces positions se vérifiait aussi dans le cas de ces positions. Les auteurs ont également relevé une stratégie observée au cours des années précédentes, stratégie dans le cadre de laquelle les équipes essayaient de briser l’effet miroir entre ces deux positions en utilisant des receveurs éloignés de plus grande taille. Il reste que, malgré cette stratégie, cette étude confirme la similarité de la composition corporelle des joueurs occupant ces positions sur le terrain. Dengel et ses collaborateurs (2013) ont, pour leur part, observé que les receveurs éloignés étaient de plus grande taille et plus lourds que les demis défensifs que ne l’indiquaient les rapports antérieurs. Toutefois, le pourcentage de masse corporelle, la masse grasse et la masse maigre étaient similaires chez les joueurs de ces deux positions (Tableau 5). Ainsi, malgré une taille et un poids supérieurs, aucune différence n’a été observée en ce qui concerne la composition corporelle.



En résumé, peu de changements ont été observés au cours des 8 dernières années, environ, dans la composition corporelle des joueurs de football professionnels, qui sont nettement plus grands et plus lourds qu’avant, mais chez lesquels l’effet miroir reste cohérent avec celui qui avait été observé dans les rapports antérieurs. Il est intéressant de remarquer que, selon l’IMC seulement, les joueurs de toutes les positions auraient été classés dans la catégorie des joueurs faisant de l’embonpoint, ou pire (modérément obèse ou obèse), ce qui montre que l’utilisation de l’IMC pour connaître la composition corporelle de ce type unique d’athlète fait problème. Si les données présentées ici sont représentatives d’une équipe, les similarités entre les deux études les plus récentes, qui portent sur différentes équipes et sur un nombre élevé de participants, donnent à penser que les données actuelles nous donnent une idée des normes actuelles de la NFL en ce qui la composition corporelle. Comme nous l’avons déjà mentionné, des observations similaires et plus radicales ont été effectuées chez les joueurs du secondaire et du collégial (Melvin et coll., 2014; Noel et coll., 2003; Olson et Hunter, 1985), mais la taille de ces athlètes reste moins élevée que celle des joueurs professionnels parce que seuls les athlètes d’élite deviennent des joueurs professionnels.

L’INTÉRÊT DE MESURER LA COMPOSITION CORPORELLE

Il a été établi qu’évaluer la composition corporelle est efficace. Selon la technique utilisée, les données relatives à la quantité de masse grasse et de masse maigre peuvent être recueillies et, dans le cas de la DEXA, les données relatives à la densité osseuse et aux sites de dépôts adipeux. La masse maigre est en corrélation directe avec les différentes mesures de performance, dont la force, la rapidité et la vitesse (Shields et coll., 1984). Contrairement aux facteurs génétiques et aux autres types de contrôle neurologique et biologique, la composition corporelle peut être modifiée par des programmes de force et de conditionnement physique de qualité et par une nutrition sportive efficace, y compris un traitement médical nutritionnel, au besoin. En plus d’augmenter la fatigue sur le terrain, une masse grasse élevée peut contribuer au développement d’un syndrome métabolique, qui peut inclure une intolérance au glucose, une dyslipidémie et de l’hypertension. L’embonpoint peut aussi contribuer à une apnée du sommeil, à une carence en vitamine D et aux maladies cardiovasculaires (Skolnik et Ryan, 2014).

L’évaluation des paramètres physiologiques peut être effectuée à l’aide de différentes techniques, chacune ayant des avantages et inconvénients. Si plusieurs techniques permettent d’évaluer la composition corporelle, celles qui sont les plus utilisées par la NFL comprennent les valeurs de l’IMC actuelles et précédentes, la mesure du pli cutané, la DEXA, l’analyse de l’impédance bioélectrique (AIB) et la pléthysmographie par déplacement d’air (PDA). Dans la documentation sur le sujet, la précision de ces techniques est comparée à « l’étalon de référence » ou la méthode des critères. À l’heure actuelle, à la NFL, la principale méthode pour évaluer la composition corporelle est la PDA (BOD POD), 16 des 32 équipes de la NFL disant y recourir. S’il existe d’autres méthodes pour évaluer la composition corporelle, y compris des méthodes fondées sur les différents paramètres, peu d’équipes les utilisent régulièrement (enquête COSMED auprès des équipes de la NFL).

La composition corporelle idéale reste difficile à établir compte tenu des difficultés à bien comprendre tous ses tenants et aboutissants. L’évolution de la composition corporelle dans la NFL est en effet déterminée par des facteurs externes, en plus de l’entraînement de force, du conditionnement physique et des interventions en matière de nutrition. Le rôle des changements de règles, des stratégies et programmes d’entraînement dans la définition toujours changeante de la composition corporelle idéale en fonction de la position du joueur (souvent établie par chaque équipe selon ses propres critères) est sous-estimé. Par exemple, la prépondérance accordée récemment à une offensive « précipitée » peut altérer ce qui est considéré comme la composition corporelle idéale du corps par les équipes qui recourent à ce modèle. La composition corporelle des joueurs du collégial invités au « Combine » de la NFL a été évaluée à l’aide de la PDA, et les intervalles obtenus pour les différentes positions étant étendus, il a été difficile d’établir d’un objectif précis pour chaque position. Si l’évaluation du Combine tient compte des données sur la composition corporelle de l’ensemble des 335 athlètes invités, rien ne garantit que l’athlète joue effectivement au sein d’une équipe. Il n’y a pas non plus de données publiées connues sur la composition des joueurs du Pro Bowl qui pourrait fournir une mesure pour les meilleurs athlètes par position.

Dans la NFL, l’évaluation de la composition corporelle des joueurs est souvent effectuée pendant le camp d’entraînement avant que la saison commence. Il y a donc peu de données sur les changements dans la composition du corps pendant la saison. Les profils saisonniers peuvent donner un meilleur aperçu des facteurs de risque de blessure. Les blessures peuvent aussi modifier la composition corporelle de façon considérable et avoir des effets sur la compréhension que peut avoir une équipe de ce qu’est le poids corporel idéal pour une position en particulier. Quelle que soit la technique utilisée, la meilleure façon de procéder est d’utiliser une seule mesure séquentielle. Si l’accent est surtout mis sur la composition corporelle de l’athlète, prendre plusieurs fois par saison les différentes mesures à l’aide de la même technique peut être utilisé pour évaluer les programmes de nutrition, de force et de conditionnement physique ainsi que les progrès de la réadaptation après une blessure. Au rugby, au cours d’une saison, des changements défavorables dans la composition corporelle ont été rapportés chez les joueurs d’élite, avec une diminution de 1,5 % du tissu adipeux et une augmentation de la masse grasse de presque 5 % (Harley et coll., 2011). Ces changements dans la composition corporelle peuvent avoir des effets négatifs sur le rapport puissance/poids et, en fin de compte, avoir des effets sur la performance.

Techniques d’évaluation

Indice de masse corporelle (IMC) : L’IMC est une norme largement reconnue pour l’évaluation de l’embonpoint et de l’obésité chez les adultes. Les adultes dont l’IMC est compris entre 25 et 29,9 sont considérés comme faisant de l’embonpoint, et ceux dont l’IMC est supérieur à 30 sont considérés comme obèses. Le calcul de l’IMC se base sur un protocole standard pour une population en particulier, ce qui limite son application quand il s’agit d’athlètes qui dépassent les normes. Dans une étude ayant évalué l’IMC des joueurs des Packers de Green Bay en tenant compte du tissu adipeux et de la masse grasse par segment de population selon les critères standard de l’IMC, le groupe des joueurs de ligne était classé comme obèse de grade 1 (IMC > 35), le groupe des secondeurs, des ailiers rapprochés et des porteurs de ballon était classé comme modérément obèse (IMC entre 30 et 34,9) et le groupe des receveurs éloignés et des demis défensifs (IMC entre 25 et 29,9) était classé comme faisant de l’embonpoint (Bosch et coll., 2014). Aucun groupe de joueurs n’avait un IMC dans l’intervalle normal. Toutefois, selon le pourcentage de tissu adipeux, seuls les joueurs de ligne étaient considérés comme obèses, tandis que résultats des deux autres groupes étaient dans un intervalle santé ou acceptable.

Par conséquent, l’IMC et la masse corporelle seuls peuvent être utilisés comme un outil de dépistage, mais pas pour établir le poids idéal en ce qui concerne la performance. L’étude sur les Packers de Green Bay a aussi montré que l’accumulation de masse maigre diminue quand le joueur pèse 114 kg (250 lb) et plus, peu importe le somatotype, ce qui suggère que 250 lb pourrait être la limite supérieure d’une masse corporelle idéale dans la NFL. En 1970, seul un joueur pesait plus de 300 lb (~ 136 kg), mais en 2009, le poids de 394 joueurs était plus élevé que ça. En 2010, au début du camp d’entraînement, plus de 500 joueurs avaient ce poids. Le thème du plus grand, du plus fort et du plus rapide étant omniprésent dans la NFL, il semble y avoir un seuil au-delà duquel l’accumulation de masse grasse dépasse celle de la masse maigre malgré une nutrition de qualité et des programmes de force et de conditionnement physique. Comme nous l’avons déjà souligné, des compensations professionnelles et financières sont associées à l’augmentation de la taille et il est peu probable que cette tendance s’inverse (Norton et Olds, 2001).

Méthode du pli cutané : Les mesures anthropométriques (p. ex. plis cutanés et circonférences) visant à estimer le pourcentage de tissu adipeux sont, en principe, techniquement faciles à effectuer par un professionnel compétent, nécessitent peu de temps et ne coûtent pas cher. Toutefois, la mesure du pli cutané est destinée à une population en particulier et ne devrait pas faire l’objet d’une généralisation aux joueurs de football professionnels (Durnin et Womersley, 1974). Des équations prédictives ont été établies pour estimer le pourcentage de tissu adipeux obtenu par DEXA à partir du pli cutané des athlètes du collégial (Oliver et coll., 2012), mais elles restent à être validées pour les joueurs de football professionnels. Les pinces calibrées sont portables et bon marché, mais plusieurs facteurs peuvent limiter leur efficacité, dont la compétence du technicien et le type de pince, pour ne citer que ceux-là. Lohman et ses collaborateurs (1983) ont trouvé qu’environ 17 % de variabilité dans la mesure du pli cutané peut être attribué au praticien, même s’il est accrédité. Le type de pince utilisé peut aussi jouer sur les résultats, puisqu’il a été montré que la pince à pli cutané de Lange fournit des estimations du tissu adipeux qui sont plus élevées de 3,5 points que les estimations obtenues avec une pince Harpenden (Lohman et coll., 1983).

Pléthysmographie par déplacement d’air : La pléthysmographie par déplacement d’air (PDA) est une technique permettant de déterminer le pourcentage de tissu adipeux à l’aide du modèle à deux paramètres, qui mesure tant la masse grasse que la masse maigre (MM). Ce modèle suppose que la MM a une densité constante de 1,10 g/ml. Cependant, la densité peut dépendre du contenu minéral osseux et du contenu hydrique total, qui varient selon l’âge, le sexe et la race ou l’origine ethnique (Fields et coll., 2002). Le calcul de la densité et de la masse ou du volume peut être influencé par toute variable qui risque de modifier cette équation. Comme avec toutes les techniques d’évaluation de la composition corporelle, respecter rigoureusement le protocole a des effets sur la précision et la reproductibilité des résultats. La PDA suppose aussi le contrôle ou la limitation de l’air isotherme ou, en termes simples, l’air contenu dans les poumons, près de la peau ou des cheveux et dans les vêtements. L’air isotherme contenu dans les vêtements et les cheveux est minimisé si le sujet porte un maillot de bain et un bonnet de bain bien ajustés, car les vêtements amples peuvent conduire à sous-estimer la masse grasse d’un pourcentage allant jusqu’à 5 %. De plus, d’autres variables peuvent influer sur l’équation de densité. Les sujets ne peuvent pas manger ou faire de l’exercice dans les 2 heures précédant le test. La peau et les cheveux de l’athlète doivent être secs parce que l’humidité sur la peau et dans les cheveux peut élever de façon artificielle la masse corporelle. Une barbe, des cheveux longs ou en tresses qui n’entrent pas facilement dans un bonnet de bain en lycra peuvent aussi avoir un effet sur la précision des résultats en augmentant la quantité d’air isotherme (Higgins et coll., 2001).

Mesurer le volume pulmonaire fait aussi partie du protocole, mais il n’y a pas de consensus sur l’effet du volume pulmonaire résiduel sur la variation des résultats relatifs à la composition corporelle. Les recherches effectuées par McCrory et ses collaborateurs (1995) ont révélé peu de différences dans la composition corporelle en comparant le volume pulmonaire prédit et le volume pulmonaire mesuré. Par ailleurs, les tests internes effectués par l’équipe des Texans de Houston ont révélé peu de différences en comparant le volume pulmonaire prédit ou mesuré chez les joueurs de football professionnels. Compte tenu des contraintes de temps et de la nécessité d’évaluer beaucoup athlètes en peu de temps, ce sont les valeurs prédictives du volume pulmonaire qui ont été utilisées. Sur le plan pratique, certains athlètes claustrophobes peuvent se sentir mal à l’aise dans la cabine de pléthysmographie, mais l’utilisation du volume pulmonaire prédit permet à un technicien expérimenté de prendre les mesures en 10 minutes, environ. Depuis 2006, les données de tous les participants aux Combine de la NFL ont été recueillies par PDA.

Absorptiométrie à rayons X en double énergie : L’absorptiométrie à rayons X en double énergie (DEXA) permet de mesurer, de façon minimalement invasive, trois paramètres de la composition corporelle, soit la masse maigre des tissus mous, la masse grasse et la densité minérale osseuse. En comparaison avec une méthode à quatre paramètres, la précision des pourcentages de masse grasse obtenue par DEXA est aussi bonne et, dans certaines études, meilleure que l’hydrodensitométrie ou la pesée sous l’eau chez les athlètes du collégial (Prior et coll., 1997). Plusieurs études de validation ont montré que la DEXA est plus exacte que la mesure du pli cutané et l’impédance bioélectrique (Lohman et coll., 2000), tandis qu’une étude plus récente a montré l’exactitude et la précision de la DEXA pour l’évaluation de la composition corporelle des athlètes minces (Bilsborough et coll., 2015). Les auteurs ont montré que tant la DEXA avec faisceau-crayon que la DEXA avec faisceau en éventail fournissent des mesures précises de la masse maigre, de la masse des tissus mous et de la densité minérale osseuse. La technologie du faisceau en éventail permet un balayage plus rapide et, par conséquent, une plus grande dose de radiation (Ackland et coll., 2012). Si une seule équipe de la NFL dit utiliser la DEXA pour mesurer la composition corporelle, beaucoup de programmes de niveau collégial l’utilisent à l’heure actuelle. L’un des inconvénients de cette technique est l’exposition à de faibles doses de radiation qui seraient séquentielles, ainsi que le coût de l’appareil, qui dépasse 100 000 $, en plus de la nécessité d’un personnel spécialisé et qualifié.

CONSÉQUENCES SUR LA SANTÉ D’UNE PLUS GRANDE TAILLE

L’augmentation de la taille au cours des dernières décennies n’a pas été sans conséquence pour la santé des joueurs. Si les joueurs de football suivent un entraînement rigoureux, qui dépasse souvent le seuil de dépense calorique hebdomadaire recommandé pour réduire le risque cardiovasculaire en une seule séance d’exercice (Tanasescu et coll., 2002), une augmentation du risque de maladie cardiovasculaire a été observée chez les athlètes de tous niveaux, y compris au collégial et au secondaire (Buell et coll., 2008; Steffes et coll., 2013), ce qui est problématique, en particulier chez les joueurs de football du secondaire, qui sont physiquement immatures et dont la croissance et le développement ne sont pas terminés. À l’adolescence, l’âge chronologique est un mauvais indicateur de maturité physique. Les stades de Tanner, ou de maturité sexuelle, servent généralement de référence pour établir la maturation physique pendant la puberté. Une augmentation de la testostérone a généralement lieu pendant les stades pubertaires 3 et 4 qui se déroulent normalement au cours du secondaire. Suralimenter le jeune athlète masculin physiquement immature pour obtenir des changements similaires à ceux qui sont observés chez les joueurs du collégial et les joueurs professionnels augmente le risque d’obésité. Ironiquement, pendant la puberté, les taux de testostérone des garçons obèses sont moins élevés que ceux de leurs pairs plus minces, ce qui augmente la possibilité de modifications non souhaitables dans la composition corporelle, même si l’IMC est celui d’un joueur du collégial ou d’un joueur professionnel (Taneli et coll., 2010). L’efficacité de l’entraînement de force sur le développement musculaire est aussi influencée par le développement pubertaire. Selon l’énoncé de position de l’American Academy of Pediatrics, pendant les premiers stades de l’adolescence, les garçons peuvent augmenter leur force sans hypertrophie musculaire ni augmentation de masse maigre. L’augmentation de la force chez les jeunes joueurs est souvent attribuée à un mécanisme neurologique comportant un recrutement actif des neurones de la motricité (McCambridge et Stricker, 2008). De plus, l’augmentation rapide de poids chez le joueur du secondaire et du collégial est cause d’inquiétude, parce que seulement 6,5 % des jeunes du secondaire jouent au football au niveau collégial (NCAA) et, parmi ces derniers, seulement 1,6 % finissent par jouer dans la NFL.

Dans une étude pivot effectuée en 1994 à la demande de la NFL Players Association, l'institut américain de la santé et de la sécurité au travail a trouvé que même si le taux de mortalité chez les joueurs de la NFL était réduit de 46 %, le risque de décès en raison d’une maladie cardiovasculaire était de 52 % chez les joueurs des lignes offensive et défensive. De plus, comparativement aux autres positions, les joueurs de ligne risquaient trois fois plus de décéder à cause d’une maladie cardiovasculaire. Cette étude a également rapporté l’une des plus solides associations à ce jour entre la taille du joueur et le décès dû à une maladie cardiovasculaire (Baron et Rinsky, 1994). Malheureusement, cette étude n’a pas été en mesure de recueillir de données relatives à d’autres facteurs de risque cardiovasculaire. Toutefois, depuis cette première étude, un certain nombre de chercheurs ont analysé la relation entre la taille du joueur et le risque cardiovasculaire (Borchers et coll., 2009; Buell et coll., 2008; Garry et McShane, 2001). Il y a consensus et il semble bien que le risque de maladie cardiovasculaire soit plus élevé chez les joueurs de ligne offensive et défensive en raison de facteurs de risque particuliers, collectivement désignés par le terme syndrome métabolique. Le syndrome métabolique se rapporte à un groupe de facteurs de risque associés à un risque plus élevé de maladie cardiovasculaire et métabolique (Tableau 6). Ce phénomène ne se limite pas aux joueurs professionnels, des résultats similaires ayant été observés chez les athlètes de niveau secondaire et collégial.



Selon le NCEP-ATP III, ou National Cholesterol Education Project Adult Treatment Panel, il suffit de trois des critères ci-dessus pour que le diagnostic de syndrome métabolique soit posé. L’un des facteurs limitants pour les entraîneurs comme pour les joueurs est la nécessité d’augmenter la taille de ce dernier tout en maintenant ou en améliorant sa santé. S’il n’est pas toujours possible d’évaluer les facteurs de risque énumérés dans le Tableau 6, il reste que les études sur la santé des joueurs ont systématiquement associé la composition corporelle et, en particulier, le pourcentage de tissu adipeux aux facteurs de risque de maladie métabolique et cardiovasculaire (Borchers et coll., 2009; Buell et coll., 2008). Il a été montré que le pourcentage de tissu adipeux est associé aux taux de triglycérides, de cholestérol à lipoprotéines de haute densité (C-HDL), au tour de taille, à l’hypertension et à la glycémie à jeun (Borchers et coll., 2009; Buell et coll., 2008). De plus, dans une étude plus récente sur les facteurs de risque cardiovasculaire chez les joueurs retraités de la NFL, la dyslipidémie et l’âge, et non la taille, étaient les prédicteurs les plus significatifs du risque de maladie cardiovasculaire (Chang et coll., 2009).

En résumé, malgré le haut degré d’activité physique associé à l’entraînement et aux parties de football, ces athlètes ne sont pas à l’abri des conséquences de l’embonpoint sur la santé. Par conséquent, il est nécessaire d’exercer une surveillance continuelle non seulement de la performance des joueurs, mais aussi de leur santé. Compte tenu du lien entre tissus adipeux et les facteurs reconnus pour augmenter le risque de maladie métabolique et cardiovasculaire, une analyse à intervalles réguliers de la composition corporelle constitue une méthode simple et efficace pour surveiller l’un des principaux facteurs associés à la performance et à la santé des joueurs.

CONSIDÉRATIONS ET RECOMMANDATIONS RELATIVES AU RÉGIME ALIMENTAIRE

Une modification du régime alimentaire est essentielle pour réduire le risque de maladie associé à une masse grasse excessive et à ses conséquences. Les recommandations en matière de nutrition, parallèlement aux programmes de force et de conditionnement physique, sont déterminantes dans la modification de la composition corporelle. Chez les joueurs de ligne dont le pourcentage de tissu adipeux est plus élevé, notamment en graisse viscérale, une alimentation riche en glucides peut souvent contribuer à la résistance à l’insuline et au risque d’obésité. Quand d’autres mesures de la résistance à l’insuline ne sont pas disponibles, l’adiposité centrale peut servir de mesure de remplacement, même si elle est plutôt imprécise (Borruel et coll., 2014). S’il n’est pas certain que des équipes mesurent à intervalles réguliers le tour de taille des joueurs, il faut se rappeler qu’une circonférence supérieure à 101,6 cm (40 po) est considérée comme présentant un risque élevé (Klein et coll., 2007). Il est clair que modérer l’apport calorique est primordial pour éviter l’accumulation de graisse corporelle, et il est généralement recommandé que cet apport soit modéré (c.-à-d., 500 kcal/jour) pendant la saison. Il est aussi crucial de contrôler le type et la quantité de glucides consommés. Pendant l’exercice, le besoin en glucides peut être estimé en fonction de son intensité et de sa durée. La surconsommation de glucides à charge ou indice glycémique (IG) élevé peut contribuer à l’obésité abdominale et à l’inflammation. Au contraire, un régime alimentaire à faible charge ou indice glycémique peut permettre de réduire les conséquences de l’embonpoint sur la santé. Toutefois, les aliments à IG élevé ont leur place pendant l’exercice et la phase de récupération; par conséquent, les diététistes du sport devraient envisager des repas à faible indice glycémique avant une compétition et des aliments à indice glycémique élevé pendant la compétition et la phase de récupération qui vient tout de suite après. Les athlètes qui font de l’embonpoint peuvent tirer profit d’une boisson pour sportifs à teneur réduite en glucides pendant l’activité.

Si modifier sa composition corporelle en perdant du tissu adipeux peut s’avérer un mauvais choix de carrière, les équipes et leur ligue seraient bien avisées de proposer un programme de transition pour que les joueurs de football puissent perdre du poids au moment de leur retraite. Pendant les 8 premières années des Texans Houston au sein de la NFL, pendant le programme de retrait de la compétition, le régime alimentaire des joueurs était constitué d’aliments à faible indice glycémique avec un entraînement de force à intensité élevé, si la composition corporelle du joueur, obtenue par PDA, était très favorable (données non publiées).

APPLICATIONS PRATIQUES

  • Pour évaluer l’efficacité d’un programme d’entraînement et de nutrition, la composition corporelle des athlètes devrait être évaluée pendant toute la saison, tout comme leur performance.

  • La mesure du pli cutané, la pléthysmographie par déplacement d’air et l’absorptiométrie à rayons X en double énergie sont les méthodes privilégiées pour évaluer la composition corporelle en comparaison avec celle de l’indice de masse corporelle.

  • Choisir toujours la même technique est important. Par exemple, dans le cas où la mesure du pli cutané est choisie, c’est cette méthode qui doit être utilisée pendant toute la période de suivi pendant laquelle il ne faudrait pas opter pour une autre méthode.

  • Le pourcentage de tissu adipeux et la circonférence de la taille peuvent être utilisés pour identifier les joueurs qui risquent d’avoir des problèmes de santé en raison d’une dyslipidémie et d’une maladie cardiovasculaire.

  • Fournir des conseils en matière de nutrition aux athlètes présentant un risque de maladie cardiovasculaire et à ceux qui se retirent graduellement de la compétition (sans se limiter aux joueurs professionnels), permet de réduire le risque de maladie cardiovasculaire.

RÉSUMÉ 

En résumé, comme la taille des joueurs de football a augmenté de façon substantielle au cours des dernières décennies, il est important que les joueurs de tous les niveaux augmentent leur masse corporelle dans le cadre d’un programme d’entraînement et de nutrition approprié. Ce faisant, les joueurs peuvent mieux récolter les fruits d’un gain en matière de performance, avec moins de conséquences sur leur santé que dans le cas d’un gain de poids rapide et sans conseils judicieux en nutrition. L’évaluation de la composition corporelle reste l’un des meilleurs outils offerts aux entraîneurs pour surveiller la composition corporelle des joueurs et ses effets sur leur performance et leur santé. Par conséquent, l’évaluation de la composition corporelle devrait être effectuée à intervalles réguliers au cours d’une saison et pendant toutes les années de jeu.

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